Publié le 9 juillet 2026

L’autofacturation permet à un client d’établir lui-même la facture au nom et pour le compte de son fournisseur. Ce mécanisme, courant dans les relations d’achats récurrents, reste autorisé par la réforme de la facturation électronique 2026-2027, mais il devra désormais transiter par une plateforme agréée et respecter des règles précises. Voici comment fonctionne l’autofacturation et ce qui change pour une entreprise.
Qu’est-ce que l’autofacturation ?
L’autofacturation (ou self-billing) est un dispositif prévu par l’article 289 du Code général des impôts : le client émet la facture à la place de son fournisseur, en son nom et pour son compte. Le fournisseur reste le redevable de la TVA et l’émetteur juridique de la facture, mais l’établissement matériel du document est délégué au client.
Ce schéma est utile lorsque le client dispose de toutes les données nécessaires à la facturation avant le fournisseur : volumes livrés, prestations réalisées, commissions dues. Il évite les allers-retours, fiabilise les montants et accélère le paiement.
Autofacturation et facturation électronique : ce qui change en 2026
La réforme ne supprime pas l’autofacturation, mais elle l’encadre dans le nouveau circuit des factures électroniques. Concrètement :
- La facture est émise par la plateforme du client. C’est la plateforme agréée du client qui joue le rôle d’émetteur dans l’architecture, puis transmet la facture au fournisseur et les données à l’administration.
- Un mandat reste obligatoire. L’autofacturation suppose un mandat de facturation écrit et préalable entre le client et le fournisseur.
- La mention « autofacturation » doit figurer sur la facture, aux côtés des mentions légales habituelles.
- Le fournisseur garde la main. Il peut refuser une facture autofacturée. Un statut de rejet exercé dans le délai prévu entraîne l’annulation de la facture.
Cette mécanique s’inscrit dans le calendrier de la réforme : réception pour toutes les entreprises et émission pour les grandes entreprises et ETI au 1er septembre 2026, émission pour les PME et TPE au 1er septembre 2027.
Dans quels cas l’autofacturation est-elle utile ?
Pour une entreprise de taille intermédiaire ou un grand compte, l’autofacturation répond à des situations d’achats structurés où le donneur d’ordre maîtrise les données :
- Sous-traitance et prestations récurrentes : le donneur d’ordre connaît les volumes et déclenche la facture.
- Commissions et apporteurs d’affaires : le montant dépend d’un calcul détenu par le client.
- Réseaux et franchises : la tête de réseau facture pour le compte de nombreux partenaires.
- Achats de matières ou de production : la quantité réceptionnée fait foi.
Dans tous ces cas, l’autofacturation réduit les litiges sur les montants et raccourcit le délai entre la livraison et le paiement.
Les conditions à respecter
Pour être valable, une facture autofacturée doit réunir plusieurs conditions cumulatives :
- un mandat écrit et préalable liant le client et le fournisseur, précisant le champ des factures concernées ;
- l’ensemble des mentions obligatoires d’une facture classique, complétées de la mention « autofacturation » ;
- la possibilité pour le fournisseur de contester ou refuser une facture dans le délai convenu ;
- un archivage conforme des factures par chacune des deux parties.
Le point de vigilance principal concerne la TVA : l’absence de la mention « autofacturation » ou d’un mandat en bonne et due forme peut fragiliser le droit à déduction. La rigueur documentaire n’est donc pas optionnelle.
Autofacturation : l’approche N2F
Gérer l’autofacturation à l’ère de la facturation électronique suppose une plateforme capable d’émettre, de transmettre et d’archiver les factures dans les formats attendus, tout en gardant la trace du mandat et des statuts. Chez N2F, la plateforme agréée est incluse sans surcoût dans l’abonnement : l’émission, la réception et le e-reporting sont couverts sans facturation additionnelle, ce qui simplifie la mise en conformité des flux d’achats, y compris en autofacturation.
Questions fréquentes sur l’autofacturation
L’autofacturation reste-t-elle autorisée après la réforme ?
Oui. La réforme ne remet pas en cause le principe de l’autofacturation prévu par l’article 289 du Code général des impôts. Elle l’intègre dans le circuit des factures électroniques transitant par une plateforme agréée.
Qui émet la facture dans une autofacturation ?
Le client établit la facture, mais au nom et pour le compte du fournisseur, qui demeure le redevable de la TVA. Dans le nouveau circuit, c’est la plateforme agréée du client qui porte techniquement l’émission.
Le fournisseur doit-il valider chaque facture ?
Le fournisseur conserve un droit de contestation. Selon les modalités du mandat, il peut refuser une facture dans un délai déterminé, ce qui entraîne son annulation.
Quelle mention doit figurer sur une facture autofacturée ?
La facture doit porter la mention « autofacturation », en plus de toutes les mentions obligatoires d’une facture standard, sous peine de fragiliser la déduction de TVA.
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